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Papa Wemba: une super star pas comme les autres


De toute ma carrière de journaliste, jamais je n’avais vu star planétaire aussi simple. Au point que j’ai fini par lui demander s’il savait qui il était. Papa Wemba, le Kuruyaka, Ekumani, Vieux Bokul, etc. Impossible de croire une minute que celui que je regardais à la télé enfant était devenu celui avec qui je dealais. Un ami.

Papa Wemba avait un secret pour traverser les époques, les âges et les générations : sa capacité d’adaptation et d’intégration. Son respect envers l’être humain, quel que soit son âge. Il était l’ami de toutes les générations. Surtout, il ne faisait pas d’amalgame. Star au dehors, père au dedans. Pas loquace, mais intéressant. Il était bon de discuter avec lui. Il passait le clair de son temps à suivre l’évolution de l’actualité sur les chaînes d’info en continu, s’informant au passage sur le Real de Madrid, club qu’il supportait. D’aucuns auront une image différente, je le concède. Car cet homme savait vivre à Rome comme les romains, et à Athènes comme les grecs.

Incroyable bête de scène, Papa Wemba ne s’est jamais mieux illustré que par…ses postures. Sourire, parole et gestes dosés. Rien de brusqué, tout était calculé. Il savait faire la part des choses : son choix était la musique, et il a eu une carrière épatante, sans pour autant se faire le porteur de la campagne musique pour tous et tous musiciens. Quand à 40 ans j’ai repris le chemin des auditoires pour enrichir mon parcours, j’ai reçu de lui un encouragement appuyé. Non seulement qu’il en était fier, il en a parlé à son entourage en me citant comme exemple. J’en étais touché.


Mes meilleurs interviews, je les ai faites non pas au studio. Mais chez lui. A la maison. Des moments de confidences que je montais avec plaisir pour mon émission de samedi après-midi. Une de ces délectations !

A force d’écouter sa voix dans des featuring même parmi les plus improbables, je lui pose un jour la question de savoir combien de featuring il avait fait. Sa réponse : beaucoup. Rien que ça. Il ne savait même plus. Il en avait tellement fait qu’il ne s’en souvenait même plus. Et ce n’est pas tout. A la question de savoir combien il faisait payer pour cela, il répondra que pour lui, l’essentiel était le plaisir de faire de la musique. Le bonheur de chanter. Des featuring gratos. Non, Papa Wemba était un taré…de la musique.


Foly FM se fera le plaisir de rassembler un maximum de souvenirs dans les semaines à venir pour vous parler de cet homme. Des anecdotes , les une aussi impressionnantes que les autres, d’un homme grand au destin grandiose, qui aura vécu au milieu de nous comme le commun des mortels.




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