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COVID-19 : Et si l'Afrique était complètement à l'ouest ?

Mis à jour : 2 juin 2020

Les menaces terroristes sont désormais passées au second plan. La concurrence est trop forte, et le champ d'action beaucoup plus large. La menace actuelle traverse les frontières sans visa. Pire encore, elle est invisible. Elle a pour siège l'être humain lui-même, et se propage dans le sein des relations sociales. La peur de la maladie a pris le dessus sur l'ensemble de la planète. Une seule question est désormais à l'ordre du jour : comment survivre au Covid-19 ?


Les animaux malades de la peste


Le Covid-19 a effectivement tout balayé sur son passage et s'est adjugé la première place des préoccupations planétaires, transformant le monde entier en animaux malades de la peste : tous étaient atteints, mais tous n'en mouraient pas. Surtout au sud, plus particulièrement en Afrique, où des alertes ont été lancées pour annoncer des morts en cascade !



L'Afrique surnage


Mais l'Afrique, du moins jusqu'à présent, surnage. Et on se demande tous comment. Serait-ce en fait le fait de l'absence de statistiques fiables ? Les ravages du virus sont tels qu'une centaine de morts et un afflux quasi massif de malades dans les hôpitaux attirerait tout de même l'attention par le fait de leur simultanéité. Serait-ce le climat ? Personne ne veut en fait tomber dans des hupothèses dignes de Donald Trump. La constitution immunitaire ? Autre chose ? Personne ne sait. En fait, comme depuis le début de cette pandémie, l'Afrique attend des pistes de solution de...l'occident. Et l'occident n'a pas le temps pour l'Afrique, versée qu'elle est dans une compétition malsaine entre scientifiques et autres chercheurs pour trouver le vaccin qui va sauver le monde, avec en arrière-plan un Nobel en prime. L'occident est sous les feux de son opinion publique qui désormais, juge les gouvernants à la lumière de la gestion d"une pandémie qui révèle les limites des uns et des autres.



Mais le temps fait bien les choses. Les pronostics qui annonçaient une hécatombe pour une Afrique dénuée de tout ne se réalisant toujours pas, certains ont commencé à voir le problème de cette pandémie sous un autre angle. Il y a quelque chose qui préserve ce continent où le mode de vie des populations est plutôt communautaire, caractérisé par des contacts multiples, favorisés en milieu urbain par une promiscuité inévitable. Le confinement adopté des modèles européens n'a pu s'y réaliser que partiellement, dans des proportions très réduites.


Mais alors, qu'est-ce qui sauve l'Afrique ?


Il n'est point ici le lieu d'expression d'un chauvinisme mal placé, le sujet est des plus sérieux. Les institutions hospitalières en Afrique laissent à désirer et sont insuffisantes. Leur répartition n'est pas proportionnelle à l'évolution des populations, et l'accès aux soins de santé est une véritable bataille pour la survie. Et si dans un environnement comme celui-là, ce continent fait de la résistance alors que la pandémie a terrassé l'Italie avec des chiffres qui font froid dans le dos, tout en déchirant les Etats-Unis en à peine quelques semaines, il y a de qui avoir des interrogations plein la tête.

La question du Covid-19 devrait être envisagée d'un point de vue purement africain pour des raisons évidentes.Quand on sait que le premier patient français a été reçu mi décembre dans un des hôpitaux de. Seine Saint-Denis, il relève quasi de l'évidence que l'Afrique devait déjà avoir reçu le virus des semaines auparavant, du fait du flux intense qu'elle développe avec la Chine. Des flux assurés par des compagnies aériennes comme Ethiopian Airways ou encore Kenya Airways, les deux majeurs du continent. Faute de système de surveillance sanitaire, personne n'a certainement fait attention aux grippes sévères qui ont frappé le continent en fin d'année passée. En zone endémique (paludisme) comme en République Démocratique du Congo, la plupart des patients qui avaient développé des grippes accompagnées de fièvre ont été traités directement avec une association antipaludéene. Aurait-ce été la recette du salut ?


L'autre question est celle de savoir si finalement nous n'avons pas développé l'immunité collective. Car depuis novembre, six mois se sont écoulés, et le virus doit avoir fait le tour du propriétaire, du moins à Kinshasa. Bien qu'Ethiopian dessert aussi Goma, et que les populations congolaises de l'Est de la République voyagent aussi avec Rwandair.


Comment expliquer alors cette sorte de résistance au Covid-19 ?


Il serait peut-être utile d'envisager l'hypothèse selon laquelle l'Afrique, ou une partie de l'Afrique, en est à sa deuxième vague de propagation du Covid-19. Même dans ce cas, il faut chercher les facteurs qui ralentissent la propagation de ce virus, si réellement propagation il y a. La seule façon d'en savoir plus est le dépistage massif des populations. Il ne faudrait pas en effet, que des porteurs asymptomatiques soient considérés comme sains ou résistants, alors que la maladie prend racine. Pour certains observateurs, la maladie pourrait reprendre de la vitesse avec l'arrivée de la saison sèche, dont l'arrivée est prévue pour le 16 mai, si les bouleversements climatiques ne viennent pas jouer les trouble-fête. Les temparatures devraient alors chuter, surtout au Sud-Est de la République Démocratique du Congo. Dans tous les cas et quelles que soient les hypothèses, il est impérieux que l'Afrique réfléchisse pour les africains et trouve des mesures africaines aux problèmes africains, sans avoir à copier-coller. Mais pour cela, il faudra qu'elle se dote de moyens d'exécution de veilles sanitaires nationaux et continentaux. A vos budgets, messieurs les dirigeants !


La rédaction



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